Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Dans les profondeurs de la Haute-Saône : La grotte de Captiot

Publié le par Lucas

Le dimanche 27 octobre, je me suis rendu à Gy afin de découvrir la cavité la plus profonde du département de la Haute-Saône. Il s'agit de la grotte de Captiot. Sa profondeur est de 93 mètres au point le plus bas, avec un développement total de 2310 mètres. 

Description : La cavité se présente comme une large galerie que l'on traverse aisément en suivant l'actif jusqu'à atteindre la salle du Chaos. A cet endroit, on emprunte soit un ramping, soit un court méandre parcouru par l'actif pour atteindre un large méandre facilement traversable : la galerie des Corniches. Celui-ci se finit au départ d'un large puits de 13 mètres s'ouvrant dans la salle des Balcons. A mi-hauteur de ce puits, un ressaut de 2,5 mètres équipé en fixe donne accès au nouveau réseau (non exploré cette fois-ci). Au fond du P13, on trouve la rivière qui s'écoule dans un long méandre large au départ et un peu plus étroit sur la fin (mais qui reste agréable) et qui vient buter sur un puits de 8 mètres et deux ressauts. C'est après ces trois obstacles que l'on atteint le siphon terminal de la cavité à - 93 mètres. 

Topographie de la grotte de Captiot. Attention ! Celle-ci est incomplète, il manque une partie du nouveau réseau.

Topographie de la grotte de Captiot. Attention ! Celle-ci est incomplète, il manque une partie du nouveau réseau.

Ce CR va décrire l'exploration jusqu'au siphon terminal. Mais il ne contiendra pas d'informations sur le nouveau réseau au-delà du ressaut de 2,5 mètres équipé en fixe, car je ne me suis pas intéressé à cette partie la de la cavité. 

A la sortie de Gy, il faut suivre la D66 sur environ 3,5 kilomètres jusqu'à arriver à un parking. Un panneau indique le départ du sentier pour se rendre à la grotte (peu visible sur la photo). 

Début du sentier pour se rendre à l'entrée de la cavité

Début du sentier pour se rendre à l'entrée de la cavité

Après une quinzaine de minutes de marche, j'arrive devant la vaste entrée de la cavité qui se descend sans matériel. De minces filets d'eaux s'écoulent du sommet du porche. 

Dans les profondeurs de la Haute-Saône : La grotte de Captiot

La galerie, large au départ, se rétrécit et j'atteins rapidement un premier puits de 8 mètres : le puits Mario.  

Départ du puits Mario

Départ du puits Mario

La descente de ce puits se fait le long d'une belle coulée. 

Puits Mario vu du bas

Puits Mario vu du bas

Passé la première salle, je traverse deux courts rampings et j'atteins le départ de la Grande Galerie. Je suis surpris de voir que le plafond est rose ! Je n'avais jamais encore rencontré un tel calcaire ! Je n'explique pas cette couleur, peut-être s'agit-il d'un calcaire argileux. 

Plafond aux teintes atypiques

Plafond aux teintes atypiques

La galerie devient de plus en plus large et, désormais, un ruisselet me tient compagnie. J'atteins rapidement le seul obstacle épineux de cette galerie. Un ressaut glissant permet de prendre de la hauteur. Il faut ensuite traverser la galerie, en restant au sommet de celle-ci, en jouant des quelques margelles et en réalisant des oppositions. Après plusieurs mètres, un ressaut glissant permet de redescendre jusqu'au sol. Ce passage n'est pas techniquement difficile, mais toute glissade peut devenir fatale en raison de la hauteur. Et réaliser des oppositions avec le kit à bout de bras (pas d'autre choix) n'est pas très agréable. 

Je recommande aux personnes qui n'ont pas l'habitude d'emporter une corde d'une quinzaine de mètres. On trouve quelques amarrages (spits rouillés et AN). 

La galerie est désormais vraiment large et bien érodée. 

La "Grande Galerie"

La "Grande Galerie"

J'arrive ensuite dans la salle du Chaos. Je parcours une dizaine de mètres dans la galerie qui y fait suite et j'arrive à un croisement. Pour accéder à la suite de la cavité, deux options s'offrent à moi : (1) passer par un ramping qui est décrit comme long mais facile ou (2) emprunter un court méandre où l'actif s'engouffre qui est, soit-disant, court et agréable, mais oblige à se mouiller les pieds et les mollets. Je choisis donc la première option (je préfère être fatigué plutôt que mouillé !). 

Le ramping n'est finalement pas bien long, une dizaine de minutes maximum suffit pour le traverser et il n'est pas désagréable.  J'arrive ainsi au départ de la galerie des Corniches. 

Galerie des Corniches

Galerie des Corniches

Ce méandre se parcourt très facilement, au début, en raison de margelles larges et abondantes. A la fin de celui-ci, à l'approche de la salle des Balcons, les margelles sont moins évidentes mais le méandre reste facile. Un quart d'heure suffit à la traverser. 

Il finit pas s'élargir et les margelles disparaissent. J'en déduis que je suis arrivé à la salle des Balcons. Il va donc falloir équiper le P13 qui se présente devant moi. 

Le sommet de la salle des Balcons

Le sommet de la salle des Balcons

L'équipement du P13 me pose problème, pas de broches ni même de spits en bon état. Je démarre une main courante, une dizaine de mètres avant le départ du puits, sur quelques spits bien abîmés et une petite concrétion. Je réalise une opposition pour prendre de la hauteur et atteindre deux spits en bon état qui me serviront de tête de puits. 

J'entame ainsi la descente d'un pan incliné glissant. Je suis embêté de ne trouver aucun amarrage car la corde de 8 mm va dangereusement frotter à la remontée. Je trouve, sur la face cachée d'une paroi derrière moi, un spit utilisable. Je m'en sers pour faire une déviation qui évite à la corde de frotter. Je prends pied sur une margelle de terre qui coupe le puits à mi-hauteur. Derrière moi se trouve une corde en fixe permettant de monter un R2,5 qui donne accès au nouveau réseau. Je ne m'y intéresse pas et je continue la descente du P13 en équipant un fractio sur un solide amarrage naturel. J'arrive finalement au fond du puits et retrouve l'actif.

Départ du P13 sur deux spits en bon état et descente le long d'une pente glissante. La déviation située plus bas permettra d'éviter les frottements sur ce pan incliné.

Départ du P13 sur deux spits en bon état et descente le long d'une pente glissante. La déviation située plus bas permettra d'éviter les frottements sur ce pan incliné.

L'heure limite que je me suis imposée approche, mais le fond n'est pas loin. Je décide d'abandonner kit et baudrier et de foncer. Je m'autorise un quart d'heure maximum. Passé ce temps, je serai en retard sur l'heure de retour indiquée à mes amis pour le déclenchement des secours. 

Je parcours à toute vitesse le Grand Méandre. La topographie laissait penser qu'il serait très étroit, mais il n'en est rien. 

Départ du Grand Méandre

Départ du Grand Méandre

Il est bien large au départ et se rétrécit sur la fin, mais ne présente aucune difficulté. A l'approche du P8 final, certains passages bas obligent tout de même à se mouiller, bras et jambes, en passant à quatre pattes dans l'eau. 

Je mettrais seulement dix minutes en "bourrinant" pour traverser ce méandre. J'arrive au départ du P8 qui est bien plus simple à l'équipement que le puits précédent... 4 belles broches sont en place. Un peu déçu de ne pas le descendre, je rebrousse chemin et récupère au passage mes affaires. 

Sur le retour, je choisirai de tester le court méandre avec l'actif qui shunte le long ramping (voir plus haut). Celui-ci est en effet très simple et rapide. L'eau ne monte pas au-dessus des chevilles (qui, de toute façon, sont déjà bien trempées). 

Je ressors si rapidement de la cavité que j'ai 45 minutes d'avance sur ma sonnette... J'aurais pu descendre le P8 final... tant pis au lieu d'atteindre les - 93 m, je me suis arrêté à - 79 m. 

Pour conclure, c'est une cavité sympathique et peu difficile. La seule difficulté correspond à l'équipement du P13. Et encore, celui-ci reste plutôt sécuritaire. Je la recommande à ceux qui ne connaissent pas cette classique du coin !

Equipement : Mario (C15 : 1S + 3b) ; Ressaut et opposition (facultatif C15 et quelques S) ; P13 (C30 : 1S + 1S + 1AN + 2S + dev/S + 1 AN) ; P8 (C15 : 4b) ; R4 + R2 (équipement inconnu)

Temps sous terre : 5 h 00

Commenter cet article
D
Bjr, auriez vous la topo complete et la fiche equipement de l goule de Captiot?<br /> Merci
Répondre