Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Gouffre du Pont de Gerbaud : En route pour les grands volumes du Félix Trombe

Publié le par Lucas

Mercredi 15 janvier, je suis retourné à Arbas en Haute-Garonne pour visiter une autre entrée du célèbre réseau Félix Trombe.

Petit rappel : Le réseau Félix Trombe - Henne Morte, nommé également Coume Ouarnède, est le plus grand réseau souterrain de France avec 117 km de développement et le 8e plus profond avec une profondeur maximale de 1001 mètres. Le réseau comporte 55 entrées, c'est-à-dire 55 cavités reliées entre elles naturellement et formant un immense complexe. 

Après avoir déjà visité l'an passé le gouffre Raymonde, le trou Mile et la grotte de Pène Blanque, je m'attaque cette fois-ci au très connu gouffre du Pont de Gerbaud. Mon objectif est simple : descendre en bas des puits et remonter les grandes galeries fossiles le plus loin possible en visant le bas des puits du Pertuis (Trou du Vent). Il est compliqué de se repérer dans ce réseau. Ainsi, je ne compte pas aller jusqu'au Pertuis en une fois, mais je souhaite aller au moins jusqu'au puits de la Jonction. 

Par respect pour l'immense travail fourni par le groupe STEKA et Sylvestre Clément, je ne montrerai pas les topos du réseau sur ce site. Elles sont toutes regroupées dans le superbe recueil topographique, Réseau Félix Trombe - Henne Morte, appelé aussi "le livre rouge" par les connaisseurs.

Je démarre du parking de Pène Blanque, à 8 h 30, la longue marche d'approche avec mon kit sherpa pesant 15 kg en raison du grand nombre de cordes à équiper. Après une heure quelque peu éprouvante, je trouve la méga doline au fond de laquelle s'ouvre le gouffre du Pont de Gerbaud (noté PDG). 

La "petite" entrée

La "petite" entrée

On peut la descendre sans matériel à son extrémité. J'arrive devant le gouffre d'entrée... Il annonce la couleur de la sortie... Un imposant P43 d'un diamètre important. Pour moi qui n'avais pas vu de grand puits depuis un moment, ça fait une bonne remise en jambes ! 

Cette photo ne rend pas compte du volume du puits mais je ne me sentais pas trop de pencher le téléphone au-dessus du vide !

Cette photo ne rend pas compte du volume du puits mais je ne me sentais pas trop de pencher le téléphone au-dessus du vide !

Petit moment de tristesse... je vois des cordes en fixe et qui ont l'air récentes... le gouffre doit être entièrement équipé... mais pas question d'avoir marché une heure avec 15 kg pour rien ! Je décide de tout rééquiper. C'est inutile, mais ça m'amuse et ça m'avait manqué !! Les puits s’enchaînent rapidement (trop même... la 8,5 mm neuve, ça file à une vitesse... ). Rien de précis à décrire, aucune difficulté, et l'équipement est top !

Petite topo pour détailler la zone des puits et l'équipement

Petite topo pour détailler la zone des puits et l'équipement

J'arrive ainsi à 12 h 10 (après deux heures d'équipement) en bas des puits. Je prends pied dans les galeries fossiles du PDG. Pour l'instant, le volume reste modeste. Après un bref repérage vers le réseau du Vautour, je prends la direction des grandes galeries qui remontent vers le Trou du Vent (autre entrée du réseau).

Arrivée de la zone des puits dans les galeries fossiles du PDG, le kit donne l'échelle. Pour l'instant, on est encore dans du "petit".

Arrivée de la zone des puits dans les galeries fossiles du PDG, le kit donne l'échelle. Pour l'instant, on est encore dans du "petit".

Quelques vires en fixe à passer et un petit R4, et me voilà face aux premiers grands volumes du Félix-Trombe. Que dire sur cette première salle ? Elle est si grande que l'utilisation de l'appareil photo est inutile et j'y passe un accu de ma frontale à être en mode phare pour en voir le sommet. Il est difficile d'y situer certains éléments-clés... Ce n'est qu'une fois revenu à la maison que je réalise où se trouvait "l'entonnoir" d'accès à la rivière du PDG.

L'une des parties un peu plus "resserrées" de la salle.

L'une des parties un peu plus "resserrées" de la salle.

Au bout de la salle, je me perds pendant plus d'une heure à chercher la suite. Je vois un endroit avec plusieurs cairns que je choisis de ne pas suivre (en écrivant ces lignes je me rends compte de la stupidité de ce choix) et m'engage dans une galerie, un peu plus loin, semblant plus évidente. Après y avoir tourné pendant un moment, dans des parties de plus en plus étroites, je finis par rebrousser chemin et je suis bêtement les cairns, ce qui, évidemment, m'amène exactement là où je voulais aller. 

Galerie entre la grande salle et la salle Elisabeth Casteret

Galerie entre la grande salle et la salle Elisabeth Casteret

J'arrive ensuite dans la salle Elisabeth Casteret, point phare de ma visite. J'entends au loin un important bruit d'eau, l'air de la salle est chargé et la visibilité est médiocre... j'avance et je tombe nez à nez avec une imposante cheminée. De son sommet s'écoule une petite cascade qui, à force de frapper la paroi, a donné naissance à une immense coulée de calcite de plusieurs dizaines de mètres de haut. Impossible à photographier en raison du volume de la salle et de l'air chargé d'eau... mais cette cheminée aura marqué ma sortie. 

Je suis les galeries et arrive quelques minutes après au puits de la Jonction, appelé aussi puits de la Tyrolienne. Une grande vire très simple est équipée en fixe. Je traverse en paroi de cet imposant puits et je prends pied dans ce que je crois être le début de la galerie Michel Juhle. Je continue à suivre la galerie au plus évident et, après quelques minutes, je bute sur un mur... fini.... le passage est colmaté là où devraient se trouver des kilomètres de galeries et de salles... je cherche dans tous les recoins, mais rien... je ressors toutes les topos que je déchiffre du mieux que je peux pour essayer de savoir où je suis. 

Bon sang ! Mais où suis-je ?!

Bon sang ! Mais où suis-je ?!

Cependant, cette galerie n'est pas dénuée d'intérêt ... le plafond et le sol sont jonchés de fleurs de gypse !

Gouffre du Pont de Gerbaud : En route pour les grands volumes du Félix Trombe
Gouffre du Pont de Gerbaud : En route pour les grands volumes du Félix Trombe

L'heure passe.. déjà 15 heures... je dois être sorti pour 20 heures donc il va être temps de faire demi-tour. Je mets un minuteur de 15 minutes. Quand il sonnera, quoi qu'il se passe, j'entamerai le retour. Je cherche dans tous les recoins sans rien trouver.. et, au final, c'est en revenant vers le puits de la Jonction que je vois un bout de rubalise, je me retourne et je vois des graffitis marqués "TDV" avec une flèche pointant vers le plafond. Je réalise une petite escalade et je découvre une vaste galerie supérieure avec des cairns et de la rubalise. J'y marche quelques minutes, ça continue et c'est volumineux. C'était donc par là la galerie Michel Juhle ! Il fallait grimper. Le minuteur sonne, ce sera pour une prochaine fois.

Je fais demi-tour et, à ma grande surprise, j'arrive au bas des puits du PDG en moins de 40 minutes alors qu'il m'avait fallu 3 h à l'aller... tellement de temps à chercher l'itinéraire. Je remonte et déséquipe mes cordes. Retour en surface à 17 h 50 avec mon kit pesant à nouveau 15 kg ... Je rentre dans le noir à la voiture au son des glapissements de renards puis retour à Toulouse ! 

Je reviendrai ! J'ai plein d'autres choses à voir encore au fond du Pont de Gerbaud ! 

Temps sous terre : 7 h 50

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Suite et fin de l'exploration du Pont de Gerbaud vers les puits du Trou du Vent

Le lundi 20/01, je choisis de retourner au Pont de Gerbaud pour finir la visite vers les puits du Trou du Vent. Il ne me faudra qu'une heure et demie pour retourner au sommet de l'escalade qui fait suite au puits de la Jonction, point d'arrêt de ma visite du 15/01. 

Je prends donc pied dans la galerie Michel Juhle. La galerie est très aisée à parcourir. Les volumes sont agréables et il suffit de suivre le cheminement le plus évident pour se diriger vers la salle des Effondrements et le Trou du Vent. Il y a plusieurs itinéraires possibles : a) en suivant la galerie principale ou b) en empruntant la galerie Ludo. Je choisis la première option.

Galerie Michel Juhle à partir du puits de la Jonction

Galerie Michel Juhle à partir du puits de la Jonction

Après quelques minutes de marche, j'arrive dans une galerie bien plus importante. A son centre se trouve un cairn avec plusieurs flèches indiquant "Bernard/TDV/PDG" et d'autres que j'ai oubliées. C'est dans cette partie de la galerie Michel Juhle que se rejoignent plusieurs entrées du réseau. Je réalise un petit détour pour aller voir l'arrivée des puits du gouffre Bernard et la salle des Effondrements. Cette dernière est remarquable par sa taille et les imposants puits de 110 mètres qui crèvent son plafond. Ça donne envie de faire le Bernard !

Je rebrousse chemin et continue à suivre les grandes galeries du réseau Michel Juhle en direction du Trou du Vent. Elles sont également concrétionnées à certains endroits. Un embranchement laisse le choix entre deux options (gauche et droite) qui conduisent au même endroit sans difficultés. Je visite les deux branches. 

Branche de gauche (en venant du PDG)

Branche de gauche (en venant du PDG)

Branche de droite (en venant du PDG)

Branche de droite (en venant du PDG)

Suite à ces deux galeries, je parviens à une salle dans laquelle arrive le puits Jeannot (gouffre Pierre). Le puits est imposant et il se trouve pile à la fin de la galerie Michel Juhle. Ça surprend un peu ! Au début, j'ai même cru avoir raté un passage-clé. Heureusement, le puits s'évite en effectuant une traversée le long d'un talus de terre. On retrouve ensuite la galerie Michel Juhle. A noter qu'il est possible de ne pas traverser le talus de terre comme je l'ai fait, mais de prendre une autre galerie qui s'ouvre à l'autre bout de la salle. Les deux passages se rejoignent plus loin. 

Après avoir laissé le départ du réseau Bernadette, en paroi de droite, et avoir descendu un P3, j'arrive dans une salle en diaclase. C'est au bas de celle-ci que l'on retrouve la rivière du Trou du Vent. Il faut désescalader la diaclase sur environ 5 mètres. Je trouve ensuite une corde qui permet de descendre la dernière partie de la diaclase. J'arrive ainsi au sommet de la cascade Marie Casteret. 

Cascade Marie Casteret

Cascade Marie Casteret

Point bas de la salle en diaclase. Rivière du TDV

Point bas de la salle en diaclase. Rivière du TDV

Je remonte la rivière sur quelques mètres et j'arrive à mon objectif : le bas des puits du Trou du Vent. Je suis au pied de la cascade aux Échelles.

Gouffre du Pont de Gerbaud : En route pour les grands volumes du Félix Trombe

J'ai ainsi pu accomplir mon objectif qui était de repérer la partie TDV/PDG de la traversée du réseau Félix Trombe. Je rebrousse chemin en prenant le temps de visiter un bout du réseau Bernadette, la salle PCBM et l'entonnoir d'accès à la rivière du PDG (itinéraire permettant la jonction vers la grotte de Pène Blanque qui fera l'objet d'une prochaine sortie). 

Pour conclure sur les galeries fossiles du PDG : c'est beau, spacieux, il y a plein de choses à voir et c'est très facile techniquement, idéal pour les novices. Il ne me manque plus que deux cavités pour connaître parfaitement tout l'itinéraire de la traversée du réseau Félix Trombe - Henne Morte. 

Temps passé sous terre : 7 h 

 

Références : 

Clément, S., 2019. "Le réseau Félix Trombe - Henne Morte". Page internet :  http://lacoume.free.fr/

Clément, S., Vennarecci, P., 2003. "Réseau Félix Trombe - Henne Morte". Comité départemental de spéléologie de la Haute-Garonne : 92-180.

Commenter cet article