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Réseau Ollivier-Primevères : repérage de la jonction et de l'accès au fond

Publié le par Lucas

Le réseau Ollivier-Primevères est une visite classique du département des Alpes-Maritimes. Il s'ouvre dans le massif de l'Aubidergue, à proximité de la ville de Caille et de sa via Souterrata. La profondeur du réseau est de 317 mètres (pour l'aven des Primevères) et de 289 mètres (pour l'aven de l'Ollivier). Les deux cavités se rencontrent dans une galerie horizontale à - 120 mètres. 

L'itinéraire le plus classique consiste à réaliser la traversée des Primevères vers l'Ollivier, avec deux équipes qui se croisent à - 120 mètres. Les visites des parties profondes des Primevères (- 317 m) et de l'Ollivier (- 289 m) sont moins souvent réalisées. De plus, l'accès au fond de l'Ollivier se fait par deux escalades de 19 et 16 mètres, équipées de cordes en fixe datant d'un certain de temps (info orale). Souhaitant visiter le fond de l'Ollivier, le but de cette première visite est de se rendre au pied des deux escalades afin de vérifier l'âge et l'état des escalades en fixe et d'estimer s'il suffit de changer la corde ou s'il faut refaire toute l'escalade en artif. 

C'est dans ce contexte que, le dimanche 2 mai, 7 membres du club des Sophitaupes de Valbonne sont allés faire une visite dans l'aven de l'Ollivier, jusqu'au pied des deux escalades en fixe, à - 150 mètres. 

Puits d'entrée de l'aven de l'Ollivier

Puits d'entrée de l'aven de l'Ollivier

Connaissant la cavité jusqu'à - 70 m, en raison d'un précédent exercice du SSF06 qui a eu lieu dans la cavité et auquel j'ai participé, je prends la tête pour équiper la cavité. Il faut visiter l'ancien réseau, dit aussi réseau Martel, en descendant une succession de puits de 10, 24, 3 et 7 mètres. L'équipement est facile à lire et en état impeccable. 

Le cheminement est évident jusqu'au R3. Au pied de celui-ci, il faut ramper dans l'étroiture de gauche. On arrive dans une galerie plus spacieuse, le tobbogan et le P7 sont sur la gauche (on voit des spits et des broches au plafond). Si vous prenez à droite, vous irez dans la galerie Philippe qui se finit à - 87 m. 

Dernier puits du réseau Martel - P7

Dernier puits du réseau Martel - P7

Une fois le P7 descendu, on prend pied dans une salle modeste. A son extrémité, une échelle en bois permet de descendre un ressaut et d'accéder à la galerie où Michel Siffre a fait son expérience "Hors du Temps". Ce coin vaut le détour car on y découvre une cheminée spacieuse d'une quarantaine de mètres de haut, d'où tombe de l'eau, lorsqu'il pleut. 

Cependant, dans le projet qui nous intéresse, ce n'est pas là le bon chemin. Sur la paroi de gauche, en bas du P7, on repère une étroiture verticale avec 1 spit et une vieille broche. Il s'agit là du départ des puits d'accès au réseau de la jonction. Rassurez-vous ! Le départ fait peur, mais ça se réélargit très rapidement. 

Schéma de l'exercice SSF06 de communications pour l'installation des postes de communication. J'ai annoté le schéma pour représenter les puits pour la jonction

Schéma de l'exercice SSF06 de communications pour l'installation des postes de communication. J'ai annoté le schéma pour représenter les puits pour la jonction

L'équipement du P12 est simple et en bon état, cela avance rapidement. C'est au niveau du P10, qui le suit directement, que les choses se compliquent. En effet, les amarrages de tête de puits ont été tordus et rentrés dans la paroi ... et il n'y a pas d'autre alternative pour la TDP... il faut improviser ... heureusement Dame Nature est de notre côté. Nous utilisons les amarrages de main courante en guise d'amarrages de TDP et nous installons une déviation sur une concrétion solide, pas évidente à repérer. De cette façon, il n'y a aucun frottement et tout le monde peut descendre en sécurité, il faut néanmoins rester vigilant à ne pas faire sauter la DEV, ni à coincer la corde sur une coulée proche. 

Nous prenons pied sur un pont de calcite, au bas du P10. Il faut équiper à ce niveau une courte MC et descendre du pont de calcite par un petit R3 (lui aussi équipé). 

On peut quitter la corde et avancer dans une galerie de bonne taille, dans laquelle pas mal d'eau arrive de diverses cheminées ayant fait l'objet d'escalades. 

Un peu plus loin, nous trouvons un méandre dans lequel l'eau s'écoule. C'est par là qu'il faut aller. Il débouche, après une dizaine de mètres, au sommet d'un ressaut de 2,5 mètres. Le ressaut n'est pas bien compliqué à descendre, mais on peut l'assurer par 2 spits se trouvant à son sommet. On continue à suivre l'eau du méandre pour parvenir au sommet d'un beau puits de 14 mètres arrosé par une cascatelle.

Une fois descendu, nous en avons fini avec les cordes pour aujourd'hui, nous sommes à - 118 mètres, au début de la galerie de la jonction. Nous pouvons quitter nos baudriers. 

Les beautés de l'Ollivier - galerie Philippe

Les beautés de l'Ollivier - galerie Philippe

Nous suivons la rivière qui s'écoule entre nos chevilles. Lorsque nous croisons un départ de galerie sur la gauche, il faut le suivre, car la rivière s'enfonce dans une succession de ressauts devenant impénétrables à la cote - 170 mètres. 

Après un court ramping, nous arrivons dans une grande salle dominée par une vaste cheminée de 30 mètres de laquelle tombe une cascatelle. Il s'agit de l'arrivée des Primevères, c'est cette cheminée qui permet la jonction entre les deux cavités. A l'extrémité de la salle, le plafond s'abaisse petit à petit. On y trouve une étroiture au sol, ensablée. Celle-ci se rebouche régulièrement, il s'agit là de l'entrée du laminoir menant au fond de l'Ollivier. Nous utilisons la pelle et la pioche trouvées sur place et nous désobstruons l'entrée du laminoir. Après quelques minutes, le passage est ouvert, toute l'équipe s'enfonce dans cet étroit passage, long d'une soixantaine de mètres. Très bas de plafond au départ, il n'en reste pas moins facile à traverser et peut se parcourir en une dizaine de minutes. 

Une petite vidéo mal filmée mais pour vous partager le moment de joie vécu dans ce laminoir

Une fois ce laminoir passé, nous arrivons dans une superbe salle, nous sommes à - 150 mètres, au pied des fameuses escalades. Les remontées se font le long de coulées de calcite hautes de plusieurs dizaines de mètres. Une cascatelle coule du plafond. Cette salle vaut vraiment le détour. Nous vérifions l'âge des cordes en place, comme promis, pour les escalades : 2009. Ca va, c'est raisonnable, le jour où nous viendrons visiter le fond, l'un de nous pourra monter sur la corde en fixe et la remplacer par une neuve. 

Nous retournons à la salle de la jonction pour manger. Toute l'équipe commence à remonter, mais Maël et moi, nous restons sur place pour une initiation au déséquipement. Nous sommes bien mouillés et la cavité a une température de 5°C, l'attente est pénible... Le déséquipement se passera ensuite sans accroc, un grand bravo à Maël. Retour en surface à 17 h 45 

Temps sous terre : 8 h 30 

Remarques : nous avons fait notre descente la même semaine qu'un violent orage (3 jours avant) et qu'une pluie de 20 mm (la veille). Nous avons pu observer la décrue en direct, tous les puits étaient soumis à quelques filets d'eau ou cascatelles. Désagréable, mais rien de dangereux ou venant empêcher la progression. 

Si vous souhaitez effectuer le fond de - 289 de l'Ollivier, prière de prendre deux cordes (35 et 20 m) pour rééquiper les escalades expliquées dans cet article. 

 

Fiche d'équipement :

P10 + P24 (C53) : 1 AN + 2b à -3 + 1b à -6 + 2b à -6 + 1 dev/S à -8 + 2b à -10 + 2b à -25

R3 (C10) : 2b + 2b 

T5 + P7 (C30) : 2S + 2b + 2S à -1 + (1b+1S) à - 5 + 2b à -5

P12 + P10 (C60) : 1b + 2S + 2S + (1b+1S) à -4 + 1 dev/S à -10 + 2S à -12 + 2S à -12 + 1 dev/AN à -14 + 2S à -22 + (1AN + 1S) à -22

R2,5 + P14 (C25) : 2S + 2S + (1b + 1S)

 

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