Aven Saint-Joseph : la rivière mystérieuse sous Saint-Vallier-de-Thiey
Le 29/05/2021, le spéléoclub des Sophitaupes a décidé de faire une sortie pour visiter le célèbre aven Saint-Joseph.
Description de la cavité :
Cet article fait écho à un précédent sur l'aven de l'Air Chaud (https://mission-speleo.over-blog.com/2020/09/aven-de-l-air-chaud-visite-integrale.html).
L'aven Saint-Joseph est une cavité s'ouvrant sur le plateau de Saint-Vallier-de-Thiey, dans les Alpes-Maritimes. Il est un maillon majeur du complexe hydrogéologique de Saint-Vallier. Par rapport à l'aven de l'Air Chaud, le Saint-Joseph est situé en amont de celui-ci et les deux cavités ont été connectées par plongée. La cavité se présente comme une succession de puits et de méandres jusqu'à la côte - 135 m. A cette profondeur, nous atteignons la somptueuse rivière souterraine. La progression est bloquée à l'aval, comme à l'amont, par des siphons. Une fois ceux-ci franchis en plongée, on accède à de grands développements exondés, à l'amont comme à l'aval.
Les galeries amonts jonctionnent avec l'aven du Cataphot. A l'aval, on rejoint le S1 de l'aven de l'Air Chaud. La partie visitable, hors plongée, représente moins de la moitié du développement de la cavité. Ca donne une idée de l'importance de l'exondé !
Pour se rendre à la cavité, il est possible de rester en voiture et de se garer juste devant. Un GPS pointeur est souhaitable, mais c'est faisable sans.
L'entrée est compliquée à trouver car elle est camouflée sous des branchages et des feuilles... il faut avoir l'œil pour la déceler. Pour la reconnaître, l'entrée est maçonnée.
Maël, notre nouvel équipeur en formation, prend la tête pour sécuriser le R3 et le P25. Ce premiers puits est absolument sompteux.
En bas de ce puits, il faut chercher à descendre dans un méandre, coupé d'un P4. Attention ! Il faut une météo parfaite à partir de ce point, le méandre peut s'ennoyer rapidement, mettant en danger la sécurité de l'équipe qui s'engage sous terre. Des panneaux sont là pour servir d'avertissement.
Une fois le P4 descendu, repérez au sol un petit ressaut étroit. Au bas de celui-ci, on est au départ du fameux boyau siphonnant... long de, soi-disant, 40 mètres (il paraît plus long !). Il est assez facile à traverser au départ, puis le plafond s'abaisse et il faut commencer à ramper. Cependant, le boyau est souvent parcouru par des laisses d'eaux. Difficile de ne pas se mouiller, mais il est possible d'épargner un peu le torse.
Premiers mètres du boyau. C'est sec et on avance globalement rapidement surtout en restant de profil avec le kit derrière soi. C'est un peu plus loin que le plafond s'abaisse et qu'il faut commencer à ramper dans l'eau
Une fois ce boyau traversé, on enchaîne une succession de descentes de 3, 5, 6 et 70 mètres. Il est préférable d'utiliser une corde même pour les ressauts. Cependant, il est possible de les descendre en libre. Le P6 doit, quant à lui, être équipé.
A cet endroit, les spits ont un peu vécu, mais on peut les doubler avec des amarrages naturels, prévoyez des sangles en plus.
Nous arrivons devant une barre en acier qui n'est autre que le départ d'un P70... Comment ne pas parler du P70... rien que ce puits justifie une sortie dans le Saint-Joseph. Il est absolument magnifique et de proportions incroyables. C'est un très gros puits (difficile de donner ses dimensions) dont on descend du plafond en plein vide. Sensations garanties ! Il met les personnes sensibles au vertige et à l'acrophobie à rude épreuve.
Pour l'équipement, il faut s'amarrer sur la barre (avec 2 sangles) et équiper une déviation sur spit à -3. La descente se fait donc en plein vide sans frottement au niveau de la tête de puits. Le puits étant arrosé, attention à bien régler la dev pour ne pas être sous l'eau. En raison de l'humidité ambiante, il est impossible de contrôler visuellement la dev dès que vous descendez un peu, et la communication est complexe dans le puits (idée : avoir un sifflet).
Il existe, apparemment, un autre équipement en paroi avec plusieurs fractios pour le confort. Mais je ne l'ai pas vu et nous n'avons pas la fiche d'équipement pour cette voie... mais cette alternative existe.
Au bas de ce puits, tout le monde est déjà trempé et frigorifié... nous faisons un point chaud de fortune pour tenter de nous réchauffer pendant la pause déjeuner. Certains choisissent de remonter. Nous restons à 4 pour aller voir la rivière. J'enfile un shorty 3 mm en néoprène pour être à l'aise dans la rivière où il faut se mouiller jusqu'au torse.
Il faut descendre un dernier puits de 9 mètres et nous sommes dans la rivière. A noter qu'il est intéressant de se balader dans les galeries fossiles supérieures avant d'aller dans la rivière.
Nous commençons par aller vers l'amont. La rivière est vraiment splendide !
La première voûte mouillante est facile à passer et ne mouille pas plus haut que le nombril (information à remettre en question selon la taille du spéléo !). Nous repérons le passage vers la galerie du Rat mais nous y retournerons plus tard.
Nous atteignons rapidement la voûte numéro 2. Celle-ci demande de s'allonger dans l'eau et l'équipe renonce. Je sonde le passage, vu que je suis en néoprène... mais je ne m'y engage pas étant donné que, même si je passe, je ne pourrai pas aller explorer en solo.
Pour le retour, nous nous séparons, le premier binôme entame la remontée du P70 pendant qu'Hector et moi allons visiter la galerie du Rat. Il s'agit là d'un étage supérieur, fossile, avec de beaux volumes et des concrétions d'aragonite.
Après avoir fait le tour de ces galeries, nous retournons dans la rivière en direction, cette fois, du siphon aval. Il suffit de suivre l'eau, en restant au plus large, à partir du bas du P9. Le siphon est rapidement atteint. Il est équipé en fil (bon état) et est magnifique, d'un bleu azur rappelant le siphon Cénote de l'aven de l'Air Chaud. Malheureusement, le téléphone décide de nous quitter... pas de photos...
Nous entamons la remontée... L'ascension du P70 sera désagréable en raison de l'eau qui nous coule sur la figure (exemple de dev mal réglée) et de l'effet yo-yo sur la 8 mm qui est prononcé et qui donne la nausée (peu de repères visuels sur certaines sections).
Nous ressortons aux alentours de 21 h 30, bien frigorifiés, car nous sommes trempés et le déséquipement a traîné.
Temps sous terre : 10 h 00
Fiche d'équipement :
R3 : (1S+1AN) (C6)
P25 : (1AN+1S à 0) + (2S à 0) (C30)
P4 : (2S à 0) + (1AN à -1) (C12)
R3 + R5 + P6 : (1S+1AN à 0) + (1S à -3) + (1S+1AN à -8) + (2S à -8) + (1S à -10) + (1S à -12) (C30)
P70 : CP + (2AN sur barre à 0) + (1dev/S à -3) (C75 au minimum)
P9 : (2S à 0) + (1S+1G à -1) (C15)
Remarque : le spit de la dev du P70 est usé et ne permet plus une fixation optimale de la plaquette... et la rupture de la dev rendrait toute remontée impossible... il faudrait le doubler... à noter pour la prochaine équipe qui s'y rendra.
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